En bref : non, ni l’achat d’une alarme ni l’abonnement de télésurveillance d’un logement n’ouvrent droit au crédit d’impôt pour les services à la personne : l’administration exclut expressément la télésurveillance du domicile. La seule exception concerne la téléassistance des personnes âgées ou fragiles, avec un crédit d’impôt de 50 % sur le prix du service, pas du matériel. En Île-de-France, une aide régionale de 100 € a existé pour l’achat d’une alarme, mais son ouverture en 2026 n’est pas confirmée.
Pourquoi la télésurveillance n’ouvre pas droit au crédit d’impôt
Le crédit d’impôt de 50 % pour l’emploi à domicile ne concerne que les activités de services à la personne listées à l’article D7231-1 du code du travail : ménage, garde d’enfants, aide aux personnes âgées, petit jardinage, etc. La télésurveillance d’un logement n’en fait pas partie.
La circulaire de la Direction générale des entreprises du 3 janvier 2025 (NOR ECOI2433349C), qui précise le périmètre de chaque activité, est explicite. Son point I-5.13 exclut les activités privées de sécurité, et cite les « rondes ou télésurveillance autour du domicile ». Un contrat de télésurveillance, avec ou sans intervention d’agent, reste donc une dépense privée sans avantage fiscal.
Le piège de la « vigilance temporaire »
La liste des services à la personne comprend bien une activité de « maintenance, entretien et vigilance temporaire » du domicile. Elle désigne des tâches faites sur place pendant votre absence, comme ouvrir et fermer les volets ou relever le courrier, pour une résidence principale ou secondaire. Le site officiel des services à la personne précise qu’il ne s’agit pas d’un service de sécurité avec vidéosurveillance, rondes et alarme.
Autrement dit, une personne qui passe chez vous ouvrir les volets peut ouvrir droit au crédit d’impôt si elle intervient via un organisme déclaré ; un centre de télésurveillance relié à votre alarme, non. Si un vendeur vous promet « 50 % remboursés par les impôts » sur une alarme, demandez-lui par écrit sur quel texte il s’appuie.
Ce qui ouvre droit à un avantage fiscal, ce qui n’y ouvre pas
| Dépense | Avantage | Base |
|---|---|---|
| Achat d’une alarme, de détecteurs ou de caméras | Aucun au niveau national | Aucun texte ne le prévoit |
| Abonnement de télésurveillance d’un logement | Aucun | Circulaire DGE, point I-5.13 |
| Vigilance temporaire (volets, courrier) par un organisme déclaré | Crédit d’impôt de 50 % | Article D7231-1 du code du travail |
| Téléassistance d’une personne fragile | Crédit d’impôt de 50 % du service | Article 199 sexdecies du code général des impôts |
| Alarme achetée en Île-de-France | Aide forfaitaire de 100 €, sous conditions | Dispositif régional, ouverture 2026 non confirmée |
La téléassistance des personnes fragiles : 50 % du service
La téléassistance n’a rien à voir avec une alarme anti-intrusion : c’est un bouton d’appel, souvent porté en pendentif ou en bracelet, relié à une plateforme qui répond quand une personne âgée ou handicapée chute ou a besoin d’aide. Elle figure parmi les services à la personne, au même titre que la visio-assistance.
Elle ouvre droit au crédit d’impôt de 50 % (article 199 sexdecies du code général des impôts) quand elle permet le maintien à domicile d’une personne fragile. La doctrine fiscale (BOFiP, BOI-IR-RICI-150-10) la rattache aux services rendus au domicile, même si elle n’est pas comprise dans une offre globale de services, dès lors qu’elle détecte un accident et prévient un tiers ou un soignant. Trois points à retenir :
- seul le service compte : l’abonnement mensuel ouvre droit à l’avantage, pas l’achat du boîtier ou du bracelet ;
- pas de plafond propre : la dépense entre dans le plafond général du crédit d’impôt pour l’emploi à domicile, soit 12 000 € par an dans le cas général, majoré dans certaines situations ;
- le prestataire doit être déclaré comme organisme de services à la personne : vérifiez-le avant de signer et gardez les factures.
L’aide de la Région Île-de-France : 100 €, sous réserve
La Région Île-de-France a mis en place une aide forfaitaire de 100 € pour l’achat d’équipements contre les cambriolages. Ses conditions, telles qu’elles figurent sur la page officielle :
- résidence principale en Île-de-France, en habitat individuel (maison), dont vous êtes propriétaire ou locataire ;
- revenu fiscal de référence inférieur ou égal à 46 460 € ; une seule aide par foyer fiscal ;
- dépense d’au moins 100 € TTC pour des alarmes, détecteurs, capteurs, caméras ou écrans de contrôle ;
- exclus : la location ou l’abonnement à un système de télésurveillance et le gardiennage ;
- dossier déposé en ligne sur le site des démarches de la Région, avec factures acquittées, dernier avis d’imposition et RIB, puis soumis au vote des élus.
La page de la Région ne dit pas si le dispositif reçoit encore des demandes en 2026. Avant d’acheter en comptant sur ces 100 €, contactez la Région pour confirmer que l’aide est ouverte.
Et en dehors de l’Île-de-France ?
Il n’existe aucune aide nationale pour équiper son logement d’une alarme ou de caméras. Si l’on vous présente une aide locale, vérifiez-la directement auprès de la collectivité qui est censée la verser. Deux pistes gratuites ou indirectes restent ouvertes à tous :
- l’Opération Tranquillité Vacances, un service gratuit de surveillance de votre logement par la police ou la gendarmerie pendant votre absence ;
- une éventuelle réduction de votre prime d’assurance habitation : elle dépend uniquement de votre assureur, comme nous l’expliquons dans notre guide alarme et assurance habitation.
Réduire le coût réel de votre alarme
Faute d’aide, le levier le plus efficace reste la comparaison sur la durée. Une télésurveillance coûte à partir de 21,90 € dans notre comparatif, mais les frais d’installation, l’engagement et les options changent beaucoup la facture totale. Notre calculateur du coût réel sur 1 à 5 ans fait le calcul pour vous. Si vous pouvez gérer les alertes vous-même, une alarme sans abonnement supprime la dépense mensuelle.
Questions fréquentes
Une alarme est-elle déductible des impôts ?
Non. Ni l’achat d’une alarme ni l’abonnement de télésurveillance d’un logement n’ouvrent droit à un crédit ou à une réduction d’impôt au niveau national.
La télésurveillance donne-t-elle droit au crédit d’impôt de 50 % ?
Non. La circulaire de la DGE sur les services à la personne exclut expressément la télésurveillance autour du domicile, comme les autres activités privées de sécurité.
La téléassistance de mes parents ouvre-t-elle droit au crédit d’impôt ?
Oui, à hauteur de 50 % du prix du service, si elle permet leur maintien à domicile et que le prestataire est déclaré comme organisme de services à la personne. Le matériel n’est pas concerné.
L’aide de 100 € de la Région Île-de-France existe-t-elle encore ?
Sa page officielle décrit toujours ses conditions, mais n’indique pas si elle est ouverte en 2026. Renseignez-vous auprès de la Région avant de compter dessus.
Sources
- Services à la personne : maintenance, entretien et vigilance temporaire à domicile
- Circulaire du 3 janvier 2025 relative aux activités de services à la personne, NOR ECOI2433349C (Direction générale des entreprises), point I-5.13
- Service-public.gouv.fr : crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile
- BOFiP : BOI-IR-RICI-150-10 (version du 12 août 2026)
- Région Île-de-France : aide à l’achat d’une alarme